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Je peux m’asseoir à côté de vous…

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Hubert AUQUE, dans ces nouvelles, nous propose un regard compatissant sur l’homme contemporain qui ne peut plus compter avec les modèles du passé. Mais loin de le regretter, l’auteur souligne la dynamique dans le changement de paradigme et nous invite à reconsidérer la condition masculine à travers des hommes discrets qui peuvent exprimer leurs émotions, dire leurs peines mais aussi devenir consolateurs dans une société elle-même fragile et versatile.


Extrait de la nouvelle: “L’enfant de la retirada”
C’était le 28 janvier 1939 au matin, juste après l’ouverture de la frontière aux femmes. Ce garçonnet à droite sur la photo, ce garçonnet âgé alors de cinq ans, c’est son regard qui capte aujourd’hui le mien : que regarde-t-il ? Qui regarde-t-il ? Pour atteindre la mère le regard passe par la petite Montsé portée sans peine apparente comme un balluchon. Cherche-t-il dans le visage de sa mère à connaître la destination, leur destination. En disant cela, j’entends qu’il y a destin dans destination…

Extrait de la nouvelle: “Demain, dès le réveil”
Serrées l’une contre l’autre, les deux mains donnaient parcimonieusement passage au sable fin. Quand il était retourné d’où il venait, Clara remplissait à nouveau la coupe formée par ses paumes, avec une ouverture toujours plus fine d’où s’échappait un filet blond qui coupait la verticale de l’horizon marin. La concentration qu’elle mettait dans son geste répétitif lui permettait de ne plus penser, de mettre à l’écart sa préoccupation envahissante qui depuis deux mois l’empêchait de goûter à la vie autrement qu’à travers sel et amertume.

Extrait de la nouvelle: “Je peux m’asseoir à côté de vous…”
Etre seul, sans attache, sans projet, sans métier : source d’angoisse pour certains, suprême sérénité pour d’autres. J’étais plutôt dans la deuxième catégorie même si on peut changer de position à certains moments. Toujours est-il que je n’ai pas forcé sur les prolongations de cet état de bienheureuse incertitude en descendant du train à peine deux heures après son départ de Nice. Rien n’avait motif pour m’attirer ici en première escale, mais ce rien est pourtant beaucoup. Rien sauf peut-être ce nom : Diano Marina.

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