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Dialoguer avec les jeunes sur la gourmandise et le jeûne. Spiritualité orthodoxe et société contemporaine

InterventoFrancese2009 Saint-Maurice, LausanneÈ per mangiarti meglio

Partant d’une nécessité réelle de transfert du message de l’Eglise pour une ascèse dans la vie spirituelle quotidienne des jeunes adolescents, nous avons pensé qu’un problème plus général qui caractérise notre époque -plus concrètement le problème de la boulimie et de l’anorexie- pourrait être le prétexte pour instaurer une discussion avec les jeunes autour de la gourmandise et du jeûne. Nous avons choisi de développer cette discussion en utilisant l’enseignement de l’Abbé Cassien sur la passion gourmandise. Nous savons bien sûr qu’un conseiller spirituel des jeunes, lors de la transmission de textes de notre tradition, est confronté à des problèmes particuliers. La difficulté s’aggrave lorsqu’il s’agit d’un effort d’intégration de vertus et de coupure de passions. Il vaudrait mieux que la présentation du sujet aux jeunes soit faite sous forme de questions-réponses (surtout des questions des jeunes envers nous) après une présentation sommaire des positions de l’Abbé Cassien et du plan de vie que son enseignement représente. Le jeûne est surtout une position et non une négation. Il conduit à un mode de vie et de relation avec la nourriture. Il est inclus dans un exercice ‘’à vie’’ qui est un exercice du corps et le l’âme. C’est à ces ‘’exercices d’alerte’’ que l’Eglise nous invite lors des périodes régulières de jeûne. Une question fondamentale qui se pose est : manger ou ne pas manger, un peu, beaucoup ou pas du tout ? A sa réponse positive ou négative l’homme adopte une attitude ambivalente. La thématique de notre Congrès le souligne d’ailleurs. Mais, nos jeunes pensent souvent que le meilleur moyen de dépasser les tentations est de céder ‘’en respectant leurs faiblesses’’. Comment donc la parole de l’Abbé Cassien peut-il être convaincant à une époque de concessions ? La réflexion sur ce sujet doit contenir la préoccupation de l’homme, dès le début, vis-à-vis de la nourriture. La nourriture devient le prétexte de désobéissance à la volonté de Dieu, qui conduit à la mort spirituelle. Et en tant que remède, l’Eglise lui offre le pain de la vie (Sainte Eucharistie). L’homme peut goûter à la vie et à la mort par l’intermédiaire de la nourriture. Le psalmiste se réfère au sens du goût pour la probité du Seigneur lui-même. Cependant, la nourriture ne perd pas sa propriété alimentaire fondamentale. Dieu veille à fournir régulièrement et inopinément de la nourriture aux hommes et les incite à Lui en demander quotidiennement.

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